JOUR 28: La ruée vers l'or

Après ma traditionnelle course matinale aux toilettes, je constate avec stupéfaction que j’ai épuisé mes réserves d’Imodium en version « à croquer »! Merde!! (et c’est le cas de le dire…) Je me rendors en essayant de ne pas trop y penser, et peu après, Val saute dans mon lit et me réveille parce qu’il y a « une full grosse abeille ». Hahaha! La « full grosse abeille » en question est bel et bien dehors et comme nous sommes bien protégées par un moustiquaire, il n’y a aucun danger de se faire piquer. Ouf! Avec toute cette excitation, impossible de nous rendormir…
Notre excursion de l’avant-midi nous emmène à Ahuano, une petite communauté sur le Río Napo. Val et moi formons un groupe avec trois Suisses et une famille israeli de Guayaquil. Étant donné le très bas niveau d’eau du Río, il nous est impossible de nous rendre directement à Ahuano; il faut donc franchir Arajuno jusqu’à la Isla Anaconda, traverser l’île à pied, puis reprendre le canoë jusqu’à Ahuano. Le village est très, euh… « amazonien »… mais ils disposent d’électricité. Je me sens vraiment touriste de débarquer là avec mon appareil photo et mes deux tresses à la Fifi Brindacier, et ce sentiment est renforcé à cause du fait que nous sommes tout un groupe. Vive le tourisme individuel!
Nous assistons à une démonstration de poterie à la fabrique de céramique. Ce que les potiers utilisent provient exclusivement de la nature : l’argile pour façonner et aussi comme base pour la peinture, les pinceaux faits d’une mèche de cheveux, un caillou spécifique pour le polissage et de la résine pour vernir. La démonstration se termine évidemment par une visite à la boutique attenante, où j’achète un flacon de sangre de drago (sève d’un arbre qui sert de désinfectant naturel). Nous allons ensuite dans l’atelier de l’homme qui travaille la balsa (bois très léger à partir duquel ils élaborent des sculptures très colorées); malheureusement l’homme est absent et nous devons nous contenter des explications du guide.
En retournant au Lodge pour dîner, je constate que je suis plutôt déçue par mon avant-midi. L’excursion s’est avérée plutôt ennuyante, la famille israeli n’a démontré aucun intérêt à s’intégrer à nous (et vice-versa) et il n’y avait aucun enthousiasme dans le groupe. Bah! Ça arrive parfois… et j’oublie vite ce désappointement en arrivant près de la cabaña : il y a trois ou quatre singes qui se tiennent dans les arbres à deux mètres de moi! Je ne peux m’empêcher de passer un long moment à les observer… et à tenter de prendre la photo, mais je n’y parviens qu’à moitié… c’est qu’ils bougent vite, ces petits primates!
La famille israeli nous quitte pour l’après-midi et nous restons avec les trois Suisses dont, nous l’apprenons maintenant, la langue première est l’italien. Ils parlent toutefois très bien français et le contact s’établit bien entre nous. Un court trajet de canoë et nous débarquons sur une plage de galets de la Isla Anaconda, où nous allons chercher de l’or avec l’espoir de faire fortune… haha! Lucía nous explique la marche à suivre. Il faut tout d’abord dégager les galets et atteindre la couche de sable foncé qui se cache
en-dessous, puis en remplir notre soucoupe de bois. Ensuite, il faut immerger le récipient à moitié dans le Río et le remuer en cercles concentriques. Facile à dire, mais pas facile à faire; c’est lourd!!! Pendant le brassage, on retire les plus gros cailloux, puis les plus petits, jusqu’à ce qu’il ne nous reste qu’un peu de sable; c’est dans ces sédiments qu’on peut, en théorie, trouver de l’or. Et nous en découvrons! Bon, seulement l’équivalent de deux ou trois grains de sable, vraiment pas de quoi rentabiliser notre voyage en Amérique du Sud… mais tout de même! Lucía nous confie qu’il y a quelques années, elle-même était chercheuse d’or et parvenait à gagner quelques dollars supplémentaires par semaine pour financer ses études. Décidément, pour quelques dollars, l’Eldorado n’est plus ce qu’il était…
Nous reprenons le canoë et descendons un peu plus loin pour notre deuxième activité : la construction d’un radeau en balsa. La balsa est un arbre d’Amazonie très léger et dont l’usage est approprié pour tout ce qui doit flotter; par contre, il n’est pas très résistant au temps, et après quelques années il devient inutilisable. Lucía et un des Suisses construisent assemblent les troncs pendant que Valérie observe un poisson pris par le piroguier. Pour ma part, je supervise les opérations… Ooouf, une chance que nous portons nos maillots de bain parce que nous avons tous les fesses mouillées! Nous nous relayons tous à la rame – c’est forçant, faire avancer un radeau avec cinq personnes à son bord! – et c’est encore la pauvre Lucía qui écope de notre manque de force…
C’est déjà notre dernier souper au Lodge. La nostalgie des repas à la chandelle nous habite déjà un peu… Il y a au menu une excellente crème à l’oignon dont je me souviendrai longtemps! Stéphanie et Anne-Christine, les deux charmantes réceptionnistes, nous invitent à laisser notre griffe dans le Livre d’Or et nous questionnent sur notre appréciation du séjour. Valérie et moi n’avons que de bons
commentaires et elles semblent en être réjouies. Tous les aspects de notre passage au Liana Lodge ont été à la hauteur de nos attentes et même plus : prestations d’hébergement, propreté, qualité de la nourriture, excursions divertissantes et enrichissantes… Les filles nous offrent un cocktail au bar, en reconnaissance pour notre « bonne humeur » constante et… comment ça se dit? Elles affirment que Val et moi sommes les touristes idéales. Yééé! Amis touristes et voyageurs, j’en profite pour vous glisser un mot : en voyage, c’est tellement plus cool d’être agréable avec les gens qui vous accueillent, autant dans les restaurants que dans les hôtels… Ces gens se démènent pour rendre votre séjour mémorable, alors adoptez une attitude en conséquence : montrez-leur votre enthousiasme et n’agissez pas en client chiant et capricieux qui n’est jamais satisfait en-dehors de chez lui. Et je sais de quoi je parle… autant en tant que touriste qu’en tant qu’employée d’hôtel!!!
Notre excursion de l’avant-midi nous emmène à Ahuano, une petite communauté sur le Río Napo. Val et moi formons un groupe avec trois Suisses et une famille israeli de Guayaquil. Étant donné le très bas niveau d’eau du Río, il nous est impossible de nous rendre directement à Ahuano; il faut donc franchir Arajuno jusqu’à la Isla Anaconda, traverser l’île à pied, puis reprendre le canoë jusqu’à Ahuano. Le village est très, euh… « amazonien »… mais ils disposent d’électricité. Je me sens vraiment touriste de débarquer là avec mon appareil photo et mes deux tresses à la Fifi Brindacier, et ce sentiment est renforcé à cause du fait que nous sommes tout un groupe. Vive le tourisme individuel!Nous assistons à une démonstration de poterie à la fabrique de céramique. Ce que les potiers utilisent provient exclusivement de la nature : l’argile pour façonner et aussi comme base pour la peinture, les pinceaux faits d’une mèche de cheveux, un caillou spécifique pour le polissage et de la résine pour vernir. La démonstration se termine évidemment par une visite à la boutique attenante, où j’achète un flacon de sangre de drago (sève d’un arbre qui sert de désinfectant naturel). Nous allons ensuite dans l’atelier de l’homme qui travaille la balsa (bois très léger à partir duquel ils élaborent des sculptures très colorées); malheureusement l’homme est absent et nous devons nous contenter des explications du guide.
En retournant au Lodge pour dîner, je constate que je suis plutôt déçue par mon avant-midi. L’excursion s’est avérée plutôt ennuyante, la famille israeli n’a démontré aucun intérêt à s’intégrer à nous (et vice-versa) et il n’y avait aucun enthousiasme dans le groupe. Bah! Ça arrive parfois… et j’oublie vite ce désappointement en arrivant près de la cabaña : il y a trois ou quatre singes qui se tiennent dans les arbres à deux mètres de moi! Je ne peux m’empêcher de passer un long moment à les observer… et à tenter de prendre la photo, mais je n’y parviens qu’à moitié… c’est qu’ils bougent vite, ces petits primates!
La famille israeli nous quitte pour l’après-midi et nous restons avec les trois Suisses dont, nous l’apprenons maintenant, la langue première est l’italien. Ils parlent toutefois très bien français et le contact s’établit bien entre nous. Un court trajet de canoë et nous débarquons sur une plage de galets de la Isla Anaconda, où nous allons chercher de l’or avec l’espoir de faire fortune… haha! Lucía nous explique la marche à suivre. Il faut tout d’abord dégager les galets et atteindre la couche de sable foncé qui se cache
en-dessous, puis en remplir notre soucoupe de bois. Ensuite, il faut immerger le récipient à moitié dans le Río et le remuer en cercles concentriques. Facile à dire, mais pas facile à faire; c’est lourd!!! Pendant le brassage, on retire les plus gros cailloux, puis les plus petits, jusqu’à ce qu’il ne nous reste qu’un peu de sable; c’est dans ces sédiments qu’on peut, en théorie, trouver de l’or. Et nous en découvrons! Bon, seulement l’équivalent de deux ou trois grains de sable, vraiment pas de quoi rentabiliser notre voyage en Amérique du Sud… mais tout de même! Lucía nous confie qu’il y a quelques années, elle-même était chercheuse d’or et parvenait à gagner quelques dollars supplémentaires par semaine pour financer ses études. Décidément, pour quelques dollars, l’Eldorado n’est plus ce qu’il était…
Nous reprenons le canoë et descendons un peu plus loin pour notre deuxième activité : la construction d’un radeau en balsa. La balsa est un arbre d’Amazonie très léger et dont l’usage est approprié pour tout ce qui doit flotter; par contre, il n’est pas très résistant au temps, et après quelques années il devient inutilisable. Lucía et un des Suisses construisent assemblent les troncs pendant que Valérie observe un poisson pris par le piroguier. Pour ma part, je supervise les opérations… Ooouf, une chance que nous portons nos maillots de bain parce que nous avons tous les fesses mouillées! Nous nous relayons tous à la rame – c’est forçant, faire avancer un radeau avec cinq personnes à son bord! – et c’est encore la pauvre Lucía qui écope de notre manque de force…C’est déjà notre dernier souper au Lodge. La nostalgie des repas à la chandelle nous habite déjà un peu… Il y a au menu une excellente crème à l’oignon dont je me souviendrai longtemps! Stéphanie et Anne-Christine, les deux charmantes réceptionnistes, nous invitent à laisser notre griffe dans le Livre d’Or et nous questionnent sur notre appréciation du séjour. Valérie et moi n’avons que de bons
commentaires et elles semblent en être réjouies. Tous les aspects de notre passage au Liana Lodge ont été à la hauteur de nos attentes et même plus : prestations d’hébergement, propreté, qualité de la nourriture, excursions divertissantes et enrichissantes… Les filles nous offrent un cocktail au bar, en reconnaissance pour notre « bonne humeur » constante et… comment ça se dit? Elles affirment que Val et moi sommes les touristes idéales. Yééé! Amis touristes et voyageurs, j’en profite pour vous glisser un mot : en voyage, c’est tellement plus cool d’être agréable avec les gens qui vous accueillent, autant dans les restaurants que dans les hôtels… Ces gens se démènent pour rendre votre séjour mémorable, alors adoptez une attitude en conséquence : montrez-leur votre enthousiasme et n’agissez pas en client chiant et capricieux qui n’est jamais satisfait en-dehors de chez lui. Et je sais de quoi je parle… autant en tant que touriste qu’en tant qu’employée d’hôtel!!! 

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